Atelier


Je prépare tous mes émaux ce qui demande de longues recherches et essais . La cuisson se fait au gaz, en réduction . Les résultats dépendent
de nombreux paramètres.
Le temps extérieur, la densité de l’enfournement, la taille et la forme des pièces jouent un rôle dans le processus et révèlent souvent des surprises.

Je peux travailler sur commande ne répertoriant pas toutes mes pièces sur photo.
Cependant je ne peux garantir une copie exacte de ce que vous auriez vu à moins que la pièce soit toujours disponible.
Les dimenssions et couleur d’émail peuvent donc varier selon les cuissons.

Délais de 6 à 10 semaines pour toutes commandes.
 
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My glazes are prepared through a process requiring extensive research and testing, and with gas firing the results depend on many parameters.
Weather, kiln charge, the size and even shape of the pieces all play a role in the process and can reveal surprises.
Bespoke and special orders require a 6 to 10 weeks delay.


Le céladon est le roi des émaux. Infiniment « pluriel » (selon Claude Champy), c’est- à-dire plus varié qu’aucun autre dans sa couleur, dans sa matière, dans son éclat, il possède la magie de l’indétermination et de l’infini. Il est l’émail de tous les possibles, du rêve et de la totalité.
Sa couleur, tout d’abord, dans le médium d’un vert tendre où les anciens chinois voulaient apercevoir un double du jade, matière vénérée, sperme du phénix et donc germe de l’univers, connaît un éventail de nuances d’une extrême subtilité, parfois proches de l’opalescence. Selon les gradations infiniment ténues de l’oxyde de fer adjoint à la couverte, ce monochrome impressionnant de limpidité passe du presque blanc vert bleuté à l’aigue- marine ou à la turquoise, de « la pousse d’oignon frais » au « bleu martin- pêcheur », du plus superbe « bleu poudré » à un vert olive foncé presque brun, d’un beige verdâtre au presque noir du bronze… Cette immense variété de teintes nous ouvre les rivages du mystère et de l’infini. C’est là un des premiers secrets de sa magie.
A quoi vient s’ajouter la richesse de sa matière, la variété de sa texture qui commande du coup la qualité de son éclat. La minceur ou l’épaisseur de la couche d’émail, de plusieurs couches parfois, modifie complètement sa luminosité. Certains préféreront une minceur un peu austère, une matité un peu sèche, d’autres une brillance extrême. Les amateurs les plus fervents privilégient sans doute certain nappage plus onctueux à peine translucide, à l’éclat retenu, aux reflets assourdis, dont la qualité se situe à mi-chemin entre la douceur du jade et la nacre
du coquillage, et peut même presque atteindre au velouté de la peau. « Avec l’épaisseur, nous dit Jean-François Fouilhoux, toute référence anecdotique disparaît et la conscience se perd dans la profonde immensité bleu vert qui, comme l’azur, semble infinie, où le temps est aboli. »
C’est là un autre secret de sa magie.
Il faudrait enfin souligner l’importance de l’effet « monochrome » que nous offre le céladon : il est le monochrome par excellence. Sans doute est-ce dû à l’extrême continuité des nuances qu’il nous propose. Plus qu’aucune autre sorte de monochromes plus fortement colorés, comme un rouge sang-de-boeuf ou un noir profond, dont l’intensité tend à occulter toute autre valeur, le céladon se présente à nous comme un espace de vacuité, comme un lieu d’ouverture, d’attente active, comme appelant à l’être des éléments complémentaires, stries, galbes, spires, qu’il servira dès lors d’une manière incomparable. Cet émail peut être aussi discret qu’il est secret. Il sert la forme et le décor au plus haut point, à la condition que ceux-ci respectent sobriété et régularité, symétrie ou très discrète dissymétrie, de manière à ne pas mettre en péril le sentiment premier de grande ouverture, de Vide originel (si cher à la pensée chinoise) qui lui est propre et qui s’il appelle à la vie, appelle à une vie apaisée, rassasiée de sa plénitude et non point mouvementée, appelle à la sérénité de la Voie et de la Vertu. Voilà sans doute le secret le plus profond du céladon et de son éternelle magie.

Jean-François JUILLIARD

Note les citations indiquées sont issues du catalogue Céladon d’hier et d’aujourd’hui du Musée Bernard Palissy, Saint-Avit, Lacapelle-Biron, Lot-et-Garonne.

Celadon is the King to glazes. Infinitely « plural » (according to Claude Champy), that is to say more varied to no other in its color, in its material, in its brilliance, he has the magic of the indetermination and the infinite. It is the email of all possible, the dream and all. Its color, first of all, in the medium of a tender green where the ancient Chinese wanted to see a duplicate of jade, revered matter, sperm of the Phoenix and so the seeds of the universe, knows a range of shades of extreme subtlety, sometimes close to the opalescence. According to infinitely obliged gradations of impressive clarity Deputy to the covered, this monochrome iron oxide past the almost white green blue turquoise, of « the growth of fresh onion » or acute – marine « blue-martin sinner », of the great ‘powder blue’ to an almost Brown dark olive green to a greenish beige to almost black to bronze… This huge variety of shades opens the shores of mystery and infinity. This is one of the first secrets of his magic. What complements the richness of its material, the variety of texture which controls so the quality of its brilliance. Thinness or thickness of the layer of enamel, multilayered sometimes completely changes its brightness. Some prefer a somewhat austere thinness, a dullness somewhat dry, others extreme shine. The most fervent fans are probably some barely translucent more creamy topping, the selected brightness, reflections muffled, whose quality is at halfway between the softness of the jade and the Pearl of the shell, and can even nearly reach to the smoothness of the skin. «With thickness, we said Jean-François Fouilhoux, any anecdotal reference disappears, and consciousness is lost in the deep blue-green immensity, like azure, seems infinite, where the time is abolished.» This is another secret of his magic.
It should finally emphasize the importance of the effect of « monochrome » that offers us the celadon: it is monochrome by excellence. No doubt is due to the extreme continuity of the nuances he has to offer. More than any other kind of monochrome more strongly colored, like a red blood-de-boeuf or a deep black, whose intensity tends to overshadow any other value, the celadon is presented to us as a space of emptiness, as a place open, waiting, active, as calling for being of the complementary elements, streaks, curves, turns, that it will therefore be in an incomparable way. This email may be so discreet that it is secret. It serves the shape and the decoration to the highest point, on the condition that they comply with sobriety and regularity, symmetry or asymmetry very discreet, so as not to jeopardize the first feeling of openness, original vacuum (if expensive at the thought (si cher a la pensee chinoise) Chinese) of its own and that if he calls life, calls for a peaceful life satiated of its fullness and not hectic, called serenity the way and virtue. That’s probably the deepest secret of celadon and his eternal magic. Jean-François JUILLIARD Note listed citations are from the catalogue of the Celadon of yesterday and today the Museum Bernard Palissy, Saint-Avit, rating-Biron, Lot-et-Garonne

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